Malgré une épidémiologie globalement stable, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez la femme (33 %)* et la première cause de décès par cancer dans cette population (17,5 %)*. De récentes données suggèrent une augmentation de l’incidence de certains sous-types de cancers du sein RH+ chez les femmes jeunes, probablement en lien avec l’évolution des modes de vie et des expositions environnementales. Toutefois, dans la majorité des cas, la maladie concerne des patientes ménopausées âgées de plus de 50 ans.

Pris en charge à un stade précoce, le cancer du sein est associé à un pronostic favorable. Même lorsqu’il est diagnostiqué à un stade métastatique ou localement avancé, la survie globale progresse depuis plusieurs années. La base de données en vie réelle ESME (UNICANCER), qui suit les patientes traitées pour un cancer du sein en France, a permis d’évaluer l’impact des innovations thérapeutiques récentes sur la survie des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique.

Au stade localisé, la prise en charge des formes à haut risque de récidive s’est intensifiée, notamment avec l’introduction de l’immunothérapie dans le cancer du sein triple négatif, des inhibiteurs de CDK4/6 dans les formes RH+ et des inhibiteurs de PARP chez les patientes porteuses d’une mutation de BRCA1 ou BRCA2. Cette escalade thérapeutique, proposée dans les cancers à fort risque de rechute, vise à réduire la fréquence des récidives et des décès prématurés.

À l’inverse, une stratégie de désescalade thérapeutique s’est progressivement imposée avec l’intégration des tests génomiques en pratique courante, permettant de réduire les indications de chimiothérapie. L’étude NOLEETA (NCT07237256) évalue actuellement, chez des patientes atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant à risque intermédiaire, la possibilité d’éviter la chimiothérapie dans un contexte d’hormonothérapie adjuvante associée au ribociclib.

L’utilisation des anticorps conjugués à un cytotoxique (ADC) évolue désormais du stade métastatique vers le stade localisé. Des résultats d’essais cliniques ont montré l’intérêt du trastuzumab deruxtecan dans les cancers localisés HER2+, soit en situation néoadjuvante (DESTINY-Breast11 / NCT05113251), soit en situation post-néoadjuvante en présence d’un reliquat tumoral (DESTINY-Breast05 / NCT04622319). Son intégration en pratique courante en France est attendue.

Dans les cancers du sein triple négatifs, les résultats des essais évaluant les ADC anti-TROP-2 en situation postopératoire, notamment chez les patientes présentant un reliquat tumoral (TROPION-Breast03 / NCT05629585, ASCENT-05 /  NCT05633654 etc. ), sont attendus.

Une autre stratégie prometteuse repose sur la détection de l’ADN tumoral circulant afin d’adapter les traitements ou d’identifier précocement les rechutes des cancers du sein localisés. L’étude CUPCAKE (NCT06225505), menée à l’Institut Curie, évalue cette approche dans les cancers du sein triple négatifs après traitement standard.

Au stade métastatique, le développement de différentes classes thérapeutiques – thérapies ciblées, immunothérapie et ADC – a permis d’améliorer les algorithmes de prise en charge du cancer du sein.

Dans les cancers du sein HER2+, l’ADC trastuzumab deruxtecan associé au pertuzumab a montré sa supériorité en première ligne métastatique par rapport au traitement standard (DESTINY-Breast09 / NCT04784715). L’intérêt d’un traitement de maintenance associant anti-HER2, hormonothérapie et palbociclib dans les cancers RH+/HER2+ a également été démontré dans l’étude PATINA (NCT02947685). Dans les cancers du sein RH+ métastatiques, de nombreuses options thérapeutiques, notamment les inhibiteurs de PIK3CA, les SERD et les ADC, ont démontré leur efficacité et s’intègrent désormais dans des algorithmes de prise en charge de plus en plus affinés.

Au-delà de ces avancées thérapeutiques, la préservation de la qualité de vie demeure un enjeu majeur. À cet égard, un dépistage plus précoce est associé à un meilleur pronostic et permet, dans de nombreux cas, de limiter l’intensité des traitements, ainsi que leurs effets indésirables à long terme.

* Source : INCa.